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INDUSTRIE Samedi 24 janvier 2015

Comment la PME vaudoise Glassconcept a trouvé la rentabilité

Par Marie-Laure Chapatte

La PME vaudoise s’est donné une orientation clients et développe des verres technologiques. Elle vient de remporter un mandat pour un ascenseur particulier

Photo Le TEMPS 2015 Glassconcept Halifi miroiterie vitrerie verre sur_mesures

Laurence et Cyril Halifi ont acheté Glassconcept en 2012. Le couple d’entrepreneurs a amené la rentabilité dans la société en réorganisant le management. (Michaël Ottenwaelter/Strates)

«Que faites-vous?» «Nous sommes miroitiers.» C’est ce terme un peu vieillot que la PME Glassconcept utilisait pour se présenter lorsque Cyril Halifi (37 ans) et son épouse Laurence Jovignot-Halifi (38 ans) l’ont rachetée en 2012.(…)

C’est là, au cœur de ce quartier industriel vétuste, que ce duo nous explique comment il a amené la rentabilité dans ces sociétés en difficulté, la première pour des questions de gestion, la seconde en raison de l’absence de succession. «Nous avons réorganisé le management. Par exemple, les deux fondateurs de Glassconcept sont toujours de l’aventure, mais dirigent désormais chacun son département de prédilection, R&D ou production, rôles où ils excellent», expliquent les administrateurs. Lors de notre visite, Reto Gfeller vient d’ailleurs à la rescousse pour faire «chanter» le verre: une simple vitre ou miroir devient alors enceinte. Une orientation clients est clairement donnée, avec la réalisation d’un showroom à l’intérieur même de la halle industrielle.

Ici, la société vaudoise dévoile tout son potentiel. Elle veut du spécial, du design, de l’innovation dans les verres. Par exemple, elle vient de gagner un mandat à l’Association des comités nationaux olympiques à Lausanne. «Nous réalisons une grande cage d’ascenseur en verre intégrant 500 lumières LED/m2, une première mondiale, l’ensemble génère une image mouvante qui assure un effet «waouh», illustre l’entrepreneur. Des films multimédias insérés à l’intérieur du verre – cela permet notamment de ne pas perdre la transparence – devraient trouver des débouchés pour la publicité interactive sur vitrines ou façades, dès cette année. «D’ailleurs, nous sommes actuellement en mandat d’étude avec des sociétés de transports publics étrangères», indique Cyril Halifi, sans vouloir en dévoiler davantage.

L’an dernier, les deux sociétés, chapeautées par une holding fribourgeoise, optimisation fiscale oblige, ont réalisé un chiffre d’affaires de 8,3 millions de francs et une rentabilité de l’ordre de 10%. La croissance devrait se poursuivre cette année. «Pour l’heure, ce qui nous fait vivre ce sont les garde-corps, les parois de douche, mais aussi les halles industrielles, l’isolation, etc. avec des clients comme Migros pour le nouveau centre commercial à Vevey ou la halle agroalimentaire de Hilcona à Orbe. Mais avec ces verres technologiques insérés dans nos constructions métalliques, nous préparons l’avenir», estime Laurence Jovignot-Halifi. Pour sa ligne LDG, orientée sur les objets de luxe, la société vaudoise vient notamment d’ouvrir un point de vente avec un distributeur à Londres.

S’ils se sont connus au Groupement des jeunes dirigeants, Cyril et Laurence Halifi se sont appréciés professionnellement sur l’aventure FruitsFrais.ch, à laquelle Madame s’est associée pour la diriger. Avec la création ou la reprise de 12 sociétés – il avait notamment vendu les fontaines à eau Edelvia au groupe Eden Springs –, Cyril Halifi est un acteur qui compte dans le microcosme des PME romandes. Il s’est fait lui-même. «Mes parents étaient certes entrepreneurs, mais je n’ai guère fait d’études», avoue-t-il. «Cela montre que le succès en affaires n’est pas lié aux diplômes», ajoute celle qui est devenue son épouse depuis, présidente du conseil de Capital Proximité et cofondatrice du Cercle suisse des administratrices.

Leur bataille commune? «Nous aimerions vraiment que l’Etat édifie des ponts entre les jeunes cerveaux de ce pays et les PME, qui créent les emplois. Il faut obliger tout diplômé qui sort d’une haute école à faire un stage de plusieurs mois dans une petite société au cours de son cursus», explique Monsieur, qui côtoie ces jeunes lors des cours qu’il donne via le programme de formation de la Confédération CTI. «Ils y apporteront de l’innovation et la reprendront peut-être un jour», estime Madame.

Comme eux l’ont fait il y a deux ans, tombant sous le charme des réalisations en verre et métal contemporaines de Glassconcept, comme elle se définit désormais.

©LE TEMPS

Pour télécharger l’article en PDF : LE TEMPS – GLASSCONCEPT- JANVIER 2015

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